A propos

« Où s’arrête la cuisine et où commence l’art ? »,
Nicolas Bourriaud.

Comment jouer ce battement, cette articulation entre art et non-art?

Cette zone limite m’intéresse…
Mon champ d’intervention est le quotidien et plus particulièrement l’espace domestique.

À mon sens le rôle de l’artiste est de créer du récit en interrogeant le monde dans lequel il vit. Je déplace cette frontière en la mettant en péril, et en créant des aberrations au sein même du réel. Des aberrations qui se définissent comme des images s’écartant de la réalité. Le prélèvement de fragments de réel me permet de mettre ce quotidien en porte-à-faux et lui faire dire autre chose.
Les codes des objets qui nous entourent sont rejoués et réintégrés sous une nouvelle forme dans le présent. L’espace intérieur s’en trouve transformé et peut alors raconter de nouvelles histoires.

J‘emprunte les éléments de cette domesticité, voire de l’intimité, brosses, tapis, paillassons, cheveux…
Je lie ces matériaux entre eux, les entrecroise, les assemble, en déplace les codes et les signes pour leurs faire subir une métamorphose, dès lors une nouvelle fiction se crée.

Dans les dessins, les animaux se substituent aux hommes. Les apparences sont une fois de plus trompeuses et viennent questionner notre posture au quotidien.
Entre réalisme et fiction, tout est histoire de perception.

Le sens de la logique est ainsi mis à l’épreuve. Le réel s’en trouve disjoint traversé par de nouveaux espaces.